25/04/2008

A quoi ressemble la démocratie ?

Bonjour à toutes et à tous,

la question du jour :

-"savez - vous à quoi ressemble la démocratie ?"

mais avant d'y répondre...

dans un billet diponible ici je me demandais si les Genevées et les Genevés avaient mesuré les incidences de leur vote en faveur de la révision de la Constitution.

Voter quelques amendements, encore... mais la revoir dans son entier va demander une extrême prudence, une vision des implications à long terme.

Mon avis est d'autant plus conforté : entre les Radicaux et leur proposition concernant les cultes; hier avec un militant socialiste bien connu de ce blog, qui lui veut inscrire le droit de vote cantonal pour les étrangers; certains socialistes qui eux veulent s'attaquer au mode éléctif du pouvoir judiciaire; le tout dans l'acte fondateur du Canton...

Tout ceci laisse présager le pire, parce que nous allons assister à la réinvention de "la roue ronde", le développement de "bélier à enfoncer les portes ouvertes", à des atteintes de la souveraineté populaire sur différents domaines, et j'en passe.

Les anciens, en 1847, avaient un tout autre sens des valeurs, un ego moins surdimensionné et je me demande bien combien de personne ont lu notre Constitution avant de proposer des modifications ?

L'acte constitutif restera bien après nous, survivra aux partis, aux associations, à nos enfants et petits enfants...

Sans doute y a t'il quelques articles à dépoussiérer, mais il va surtout s'agir d'éviter toutes les dérives imaginables et inscrire à "tout va" les desiderata de tout un(e) chacun(e).

Parce qu'il suffit de lire quelques blogs, ici ou là, pour se rendre compte que la Constituante, partie comme elle est, ça va juste être la "foire" aux idées et toutes ne seront pas forcément bonnes...

Du moins, avec ce que j'ai lu et entendu jusqu'ici, démontre surtout que peu ont pris le temps de lire notre Constitution actuelle, d'autres confondent cette dernière avec les lois qui en découlent et ne savent pas faire la différence, et d'aucun pour le moment ne semble réellement mesurer l'impact de leur propos sur les générations futures.

Heureusement, les travaux dureront 3 ans et le texte final sera soumis aux votations, il reviendra donc au peuple souverain d'avaliser ou non ces trois années de travail.

A ce titre, je terminerai ce billet sur l'Article 1, alinéa 2 de notre Constitution :

2. La souveraineté réside dans le peuple; tous les pouvoirs politiques et toutes les fonctions publiques ne sont qu'une délégation de sa suprême autorité.

 

Cette simple phrase, résume à elle seule l'attention que nous devrons porter aux dérives possibles, car cette phrase dans son esprit n'est autre que la démocratie.

Eh oui ! La Démocratie n'est qu'une simple phrase aposée sur le texte constitutif... j'espère que de ce constat, naîtront l'intérêt et l'attention que les citoyen(ne)s doivent porter à cette révision.

Voilà la première modification que nous pourrions envisager, ajouter l'alinéa 5 :

5. L'article 1 de la présente Constitution est inaliénable et ne peut être modifié sous aucun prétexte.

Bien à toutes et à tous,

Stéphane

07:46 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : démocratie |  Facebook |

Commentaires

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour M. Valente,

A mon avis, la meilleure chose à faire, c'est d'ores et déjà acheter l'actuelle Constitution, pour pouvoir, le jour venu, constater les modifications apportées par ces années de travail de la Constituante, pour se rendre compte, s'il faut voter OUI ou NON, cette nouvelle mouture de la Constitution.

Vu l'acceptation par le peuple, il ne nous reste plus qu'à patienter et juger sur pièce.

Bien à vous,

Victor-Liviu DUMITRESCU

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 25/04/2008

Effectivement, Monsieur Valenté, vous avez raison. La constitution de 1847 possède une qualité rédactionnelle remarquable, alliant précision, concision et pertinence.

C'est une des raisons pour lesquelles l'UDC était opposé à sa révision totale.

Ce texte est remarquable car il est pratiquement l'oeuvre d'un seul homme, James Fazy, qui avait su cristalliser en quelques mots les préoccupations d'un seul homme, et leur trouver des solutions.

Il sera très difficile d'arriver à un résultat à la qualité comparable.

En premier lieu, il s'agira d'un texte collectif où, comme vous le relevez, chacun voudra qu'il comporte quelques lignes pour sa petite chapelle, réponde à sa petite préoccupation du moment.

D'autre part, les préoccupations des Genevois de 2008 ne sont plus les mêmes qu'en 1847. On craignait alors les arrestations arbitraires, les troubles religieux, les décisions sans recours d'une oligarchie jusqu'alors au pouvoir, l'absence totale du peuple dans les prises de décision politiques. On réduisit au maximum les droits des communes, dont certaines étaient alors en grande majorité catholiques, pour donner le maximum de compétences au Canton, dont la population majoritaire était alors protestante.

160 ans ont passé depuis. Les préoccupations des Genevois ne sont plus les mêmes.Ce qui faisait souci en 1847 ne le fait plus aujourd'hui, et n'est pas près de redevenir une préoccupation. Personne ne craint d'être embastillé durant des mois sans voir un juge impartial qui se prononce sur sa détention. Les émeutes religieuses n'existent plus (on comprend alors encore plus mal la volonté des radicaux de commencer leur campagne sur les questions religieuses, qui ne posent plus problème).

Non, aujourd'hui les soucis majeurs de Genevois se nomment crise du logement, sécurité quotidienne, mobilité, fiscalité trop lourde et finances publiques désastreuses.

Ce sont à ces points que les futurs constituants devront s'atteler. La future constitution devra fixer les règles, et les délais, nécessaires à les faire disparaître.

J'envisage personnellement l'instauration d'un référendum obligatoire pour tout budget annuel de fonctionnement déficitaire, l'obligation de rembourser la dette, selon un échéancier fixé par la constitution, une diminution progressive de la fiscalité, la mise à disposition des moyens nécessaires à la police et à la justice pour assurer la sécurité quotidienne, la construction obligatoire d'un quota annuel de logements pour mettre fin à la pénurie dans un délai décent, la construction d'ouvrages dégorgeant la circulation, etc.

L'ambition est plus modeste qu'en 1847, mais les constituants se devront de résoudre les problèmes concrets de notre époque et non ceux du XIXème siècle comme le souhaitent les radicaux, ou s'acharner sur des questions purement théoriques , ou encore fixer des règles pour résoudre des problèmes ne concernant pas pour l'instant la population genevoise.

C'est certainement une tâche moins noble qu'en 1847, où les problèmes à régler avaient trait la mise en place des libertés individuelles et où il s'agissait en définitive de créer une démocratie venant se substituer à un oligarchie régnant jusqu'alors. Nous nous sommes peut-être pas finalement très éloignés : la classe politique au pouvoir à Genève, à l'exécutif et au législatif, a montré son incapacité à résoudre les maux dont souffrent aujourd'hui Genève. Seules des règles constitutionnelles claires peuvent lui imposer de les régler à l'avenir et ce, en conférant aux électeurs des pouvoirs accrus, contrairement à la tendance actuelle voulue par la classe politique de diminuer les droits populaires. Certains parlent déjà de vouloir augmenter le nombre de signatures nécessaires pour une initiative ou un référendum.

Écrit par : Soli Pardo | 26/04/2008

Cher Monsieur Dimitrescu. Nul besoin d'acheter la constitution genevoise. Vous la trouvez en lien ici : http://www.geneve.ch/legislation/welcome.html

C'est le texte A 2 00, d'autant plus intéressant qu'il comporte le tableau de toutes ses modifications.

Écrit par : Soli Pardo | 26/04/2008

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