30/05/2008

Naturalisation par les urnes... tous xénophobes!

Bonjour à toutes et à tous,

les votations approchent... et comme à chaque votation, j'irai déposer mon vote directement dans l'urne accompagné par l'une ou plusieurs de mes filles.

Une manière sans doute, de faire ce petit quelque chose par civisme, pour jouir de ce droit fondamental d'exprimer sa voix et transmettre cet idéal à mes enfants.

Même si, évidemment il faut se lever, se préparer, et aller au local de vote. Dommage, à ce titre, que l'on y serve pas un "apéro"... il est certain que nous serions beaucoup plus nombreux à aller voter :o)

Après avoir lu tout et son contraire sur les naturalisations par les urnes, je constate une chose : chaque fois qu'on parle d'éléction par les urnes, on pense que les Suisses voteraient obligatoirement contre toutes les naturalisations.

Sous entendez par là, nous sommes tous des gros xénophobes complètement fermés incapables de discernement.

Pas une voix ne fait état que les naturalisations par les urnes pourraient déclencher l'inverse, à savoir : qu'un ou plusieurs de nos compatriotes prennent la défense d'un candidat à la naturalisation...

Prenons un exemple simple, nous avons toutes et tous des voisins étrangers, pour ma part j'ai des voisins Kosovars, des gens admirables au demeurant... si ils présentaient une demande de naturalisation, je pourrais intervenir en leur faveur auprès de la commune, soutenir leur demande, parce que je les connais bien, eux ainsi que leurs enfants.

Trop souvent durant la campagne a été insinué que nous, Suisses, sommes des xénophobes incapables de reconnaître le droit de cité de nos amis étrangers qui travaillent dur pour s'intégrer, qui partagent nos valeurs, et qui veulent par leur démarche de naturalisation, transmettre à leurs enfants cette nationalité simplement parce qu'ils aiment notre pays.

Les opposants à cette initiative n'ont à aucun moment pris en compte cet aspect des naturalisations par les urnes : le peuple qui défendrait une naturalisation...

C'est tout simplement un manque de respect pour leurs concitoyens.

ABE, nous sommes donc tous des xénophobes,

Bien à toutes et à tous,

Stéphane

Commentaires

Comme c'est dommage que cet article ne paraissent qu'aujourd'hui...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 30/05/2008

Bonjour Stéphane,

Je ne suis pas d'accord avec vous, pour la raison suivante: prenons l'exemple de vos voisins kosovars bien intégrés. S'il y avait naturalisation par les urnes, vous et les personnes qui habitent le quartier voteriez pour. Mais le problème c'est que tous les habitants des autres quartiers, qui donc ne les connaissent pas personnellement, n'auraient pas ni le temps ni les informations ni même les compétences pour savoir si ces personnes méritent la naturalisation.

Et je ne pense pas que les suisses soient particulièrement xénophobes. Ce n'est pas parce que chacun a son opinion, qu'elle est forcément juste et fondée.

Écrit par : Fufus | 30/05/2008

En fait, très ironiquement, c'est la rhétorique-même des partisans de cette initiative pour "des naturalisations démocratiques" qui laisse entendre que le peuple suisse serait xénophobe. Après tout, leurs affiches disent toutes que cette initiative permet de lutter contre les naturalisations en masse en rendant "la liberté aux citoyennes et citoyens de décider des naturalisations". Quelle autre conclusion pourrait-on tirer d'une telle mise en relation entre le combat contre des naturalisations soi-disant massives et la possibilité de faire passer les demandes de naturalisations par les urnes, si ce n'est que les partisans eux-mêmes de cette initiative tablent sur la xénophobie des Suisses pour justement limiter le nombre de personne recevant la nationalité en la leur refusant par les urnes?

Comme vous le faites vous-mêmes remarquer (et c'est un argument que j'ai également avancé dans mon billet de lundi dernier), si les naturalisations par les urnes devaient, suite à l'éventuelle acceptation de cette initiative, se répandre au-delà des 5% de communes suisses qui la pratiquent, il se pourrait effectivement que, loin de se montrer pusillanimes, les Suisses accordent "massivement" le droit de cité à ceux qui en font la demande. Ce qui démontre bien qu'avec une telle initiative, la lutte contre les naturalisations massives, ou encore contre la naturalisation de criminels et d'abuseurs des assurances sociales, risque bien de complètement rater sa cible! En effet, le nombre de gens auxquels on accorde la nationalité suisse dépend essentiellement des critères restrictifs sur lesquels se basent les autorités pour prendre cette décision, alors que l'initiative porte simplement sur la liberté de déterminer quel organe politique se chargera de ce choix. A aucun moment, il n'y est fait mention des critères de naturalisation ou de la manière de déterminer ceux-ci. C'est encore pour cette raison que je pense que la rhétorique des partisans de cette initiative se base sur une croyance en la xénophobie des Suisses. Honnêtement, je ne vois vraiment pas d'autres interprétations possibles. Si vous en voyez, sur la base de ces mêmes éléments, alors, n'hésitez pas à me le dire. Enfin, dans mon cas ce sera un peu tard pour me faire changer d'avis. J'ai déjà voté non à cette initiative.

Écrit par : Greypowered | 30/05/2008

Cher Stéphane, votre remarque n'est pas dénuée de fondement, mais justement, c'est la formule actuelle, par les commissions ad hoc, qui y répond le mieux. Actuellement, on demande au naturalisé potentiel de citer deux "parrains" qui peuvent attester de son intégration. Si le cas n'est pas limpide, ces deux personnes seront interrogées et pourront confirmer leur soutien. Ce qui serait votre cas et qui vous honore.
Dans le cas d'une naturalisation à l'aveugle, par les urnes, ces gens ne pourraient pas être consultés... ou s'ils devaient l'être publiquement, certains d'entre eux pourraient rechigner... Sans avoir rien à cacher, tout le monde n'aspire pas à la publicité.
Quant aux réactions de masse instinctives, elles ne sont pas forcément censées. Encore une fois, il suffirait d'un accident de la route dans le voisinage pour réduire à néant les espoirs d'une famille bien intégrée depuis des années mais de la même nationalité d'origine que le chauffard... Le nier, c'est être un brin naïf. Ce que vous n'êtes pas habituellement.
Naturaliser à l'aveugle, bâillonner le Conseil Fédéral, rester sourd à la misère des pays en développement, c'est semble-t-il ce qui tient lieu de politique à l'UDC depuis quelques temps. Cela ne vous rappelle rien, 3 petits singes ?

Écrit par : Philippe Souaille | 30/05/2008

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour M. Dumitrescu,

Bonjour Fufus,

Bonjour Greypowered,

Bonjour M. Souaille,

tout d'abord merci pour vos commentaires.

M. Dumitrescu, j'ai l'habitude de voter le jour de la votation, à l'ancienne, d'où la parution "tardive" de ce billet... j'apprécie de me lever le dimanche matin, me préparer et emmener mes enfants au local de vote. Ainsi elles voient physiquement comment se pratique la démocratie. J'y tiens beaucoup.

Fufus, je pense contrairement à vous, qu'au lieu des 2 témoins qui suffisent pour une demande de naturalisation, le fait que des citoyens prennent la défense ou s'opposent à une naturalisation aurait le mérite de donner une véritable légitimité à cette dernière. Bien plus que l'octroi quasi automatique actuel, directement ou avec un recours au TF... Je reste convaincu que devenir Suisse ou autre d'ailleurs, est un choix éminemment politique et civique. Non un babal acte administratif.

Greypowered, je pense que les Suisses, y compris UDC, ne sont pas des xénohpobes, qu'ils sont parfaitement capables de distinguer. Les Suisses sont des gens ouverts et solidaires avec celles et et ceux qui respectent les mêmes valeurs que les nôtres. Je pense sincèrement qu'en 2008 le peuple Suisse, composé en partie de naturalisés, est capable de prendre cette responsabilité. Evidemment, la TSR nous a servi un reportage de la commune d'Emmen ou quelques piliers de bitrots donnaient une image qui n'est heureusement pas celle de notre pays... mais de quelques cas isolés.

M. Souaille, tout d'abord merci pour votre compliment, effectivement je ne pense pas être un naïf. Faire l'amalgame entre les affaires qui se produisent, de criminels d'origine X-Y, je ne pense pas que nos compatriotes le fassent lorsqu'ils connaissent une famille de cette même origine n'ayant aucun rapport avec les faits. Dans cette votation, je pense qu'une fois de plus on sous-estime l'intelligence des Suisses et on voudrait nous faire "avaler" ce qui est politiquement correct de penser. Les commissions Ad Hoc d'ailleurs jouent encore tout leur rôle dans les naturalisations, c'est simplement la voie d'acceptation finale qui est laissée au bon choix des communes. Quelque part, c'est un peu dommage que l'on ne fasse pas confiance aux habitants de ce pays, qu'on ne leur donne pas le droit de s'exprimer sur les naturalisations car quelque part qui mieux que les voisins, les habitants du quartier, connaissent mieux un candidat ? Bien évidemment nous avons une administration qui fait son travail de manière exemplaire, mais malheureusement elle n'a pas la capacité de passer plusieurs mois à partager le quotidien des candidats...

Au delà, le sous entendu des opposants lui reste un message clair : tous les Suisses sommes xénophobes, et donc nous ne pouvons pas confier ce pouvoir à nos concitoyens. Et là sincèrement, j'ai un doute, j'ai beaucoup trop d'estime pour nos concitoyens pour imaginer une telle dose d'arbitraire, même si je vous l'accorde, certains exemples pourraient laisser penser le contraire.

Quoi qu'il en soit, et qu'il en sera dimanche soir, cette initiative pourrait peut être nous amener à mieux connaître nos voisins étrangers, à partager avec eux nos valeurs, pour au final mieux les intégrer et si ils le souhaitent, faire d'eux nos compatriotes.

Le système actuel ne favorise en rien ce dernier paragraphe... et à ce titre, cette initiative porte du bon en elle... mais tout le monde n'a voulu y voir, une fois de plus, que ce qu'il voulait y voir...

Quoi qu'il en soit, Messieurs, le souverain aura le dernier mot dimanche et quelle que sera sa décision, en bon démocrate je la ferai mienne. Et je vous remercie d'avoir argumenté, commenté mon billet et je vous présente mes salutations citoyennes.

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 30/05/2008

Vous seriez vraiment prêt à confier la décision de votre naturalisation à votre voisin de pallier?? Honnêtement? Franchement? Entre 4 yeux?? Ben, moi pas! Surtout pas si, en plus, il se pénomme Commérages locaux FM, votre radio des ragots!

Quant à dire que personne ne vous connaît mieux que vos voisins, c'est peut-être le cas dans le village des Schtroumphs, mais certainement pas en Suisse. S'il y a un pays où il est facile de rester inconnu de ses voisins, c'est bien celui-là, avec son obsession du chacun chez soi et pour soi! Dans mon cas, cela fait maintenant près de 25 ans que je vis dans un village de seulement 1200 habitants et que je n'y connais presque personne et surtout pas mes voisins! Pourquoi? Parce que toute ma vie scolaire, sociale et professionnelle s'est essentiellement déroulée dans les villes environnantes. Si je devais aujourd'hui leur demander de se prononcer sur mon degré d'intégration, je ne serais pas sûre de passer la rampe.

Sérieusement, même si on pose l'a-priori que vos voisins vous connaissent, ce n'est pas le cas du reste des habitants de la commune, à moins d'être une célébrité ou incroyablement populaire, et ceux-ci n'auront alors d'autres bases de décision qu'un petit dépliant avec un résumé de votre vie de type CV, une photo et les ragots de vos voisins. Je vois mal comment les citoyens d'une commune de plus de 50 habitants pourraient mieux vous connaître que les membres d'une commission de consultation qui, non seulement vous auront rencontré pour des entretiens, mais auront aussi eu accès à toute une palette d'informations administratives vous concernant que les autres citoyens ne peuvent voire sans bafouer les règles sur la protection de la vie privée et des données confidentielles. Il ne s'agit pas ici d'avoir confiance dans les capacités de jugement du peuple suisse ou pas, mais de savoir si on veut des naturalisations de qualité, basées sur des critères clairs d'intégration et d'adaptation à la société suisse ou bien des naturalisations au petit bonheur la chance, sur la base d'impressions personnelles plus ou moins vagues.

Et vous ne pouvez pas non plus nier la possibilité de mouvements d'humeur et/ou de xénophobie comme l'a démontré le rejet systématique des demandes des ressortissants d'origine balkanique dans les communes comme Emmen, et cela quelle que soit leur degré d'intégration. La seule explication qui avait été donnée alors par l'UDC locale et certains citoyens, c'était que des problèmes récurrents avec certains jeunes de cette communauté avaient créé un climat d'insécurité et que, d'une certaine façon, ils avaient saisi l'occasion de ces votes, soit pour se venger sur des personnes dont le seul défaut était de partager la même origine que ces délinquants, soit pour signaler un gros coup de gueule aux autorités. Quoiqu'il en soit, des personnes innocentes ont été humiliée publiquement, faisant ainsi les frais de la mauvaise humeur de la population et cela ne s'est pas seulement produit à Emmen en 2003, mais à plusieurs reprises depuis 1999 dans ces communes qui pratiquent la naturalisation par les urnes. A tel point que même les membres UDC de la commission de consultation, qui les avaient pourtant à chaque fois recommandés à un vote positifs sur la base de dossiers solides, en étaient profondément embarrassés lorsque cette affaire a fait la une des médias en 2003. D'ailleurs, ces mêmes personnes reconnaissent aujourd'hui que le système de commission de naturalisations adopté par Emmen à la suite de l'arrêté du TF, est bien plus efficace et juste qu'un vote populaire à la tête du client. Vouloir ignorer cette réalité, qui s'est déjà manifestée à plusieurs reprises, en prétendant que la souligner est une forme de mépris envers le peuple, ne tient pas la route. Le peuple est souverain, ça oui, mais infaillible, certainement pas!

C'est pourquoi, je peux fièrement affirmer que j'ai déjà voté non (par correspondance) à cette initiative, qui, à mon sens n'apporte rien de plus que la possibilité de réinstaurer légalement la naturalisation par les urnes et le vérouillage de la décision de l'organe de naturalisation, qui n'aura plus à justifier son refus. En effet, les communes choisissent déjà l'organe de naturalisation et ses modalités de fonctionnement. La seule option qui reste fermée, pour l'instant, c'est la naturalisation par les urnes qui ne permet pas de justifier un rejet. Et c'est cela que vise l'initiative, même si elle ne le dit pas dans son texte. Par contre, la propagande de l'UDC sur ce point, est très claire! Je ne me fie donc pas au soi-disant "politiquement correct" ambiant, mais bien à ce que je lis chez les partisans de cette initiative!

Écrit par : Greypowered | 30/05/2008

Allez habiter dans une commune rurale et vous aurez le café croissant si vous êtes à l'ouverture du bureau de vote. Un verre de blanc vous sera certainement offert si vous y allez un peu avant midi...Il est vrai que dans les villes, ces coutumes n'existent pas (plus?). Bravo de faire votre devoir électoral à l'ancienne et de plus en apprenant à vos filles de le faire. C'est une très bonne leçon civique. De plus, vous avez parfaitement raison dans votre explication avec vos voisins. On a vu récemment une réaction du même type à Bassin dans le canton de Vaud avec un employé communal....

Écrit par : salegueule | 31/05/2008

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Greypowered,

Bonjour salegueule,

Greypowered, votre argumentaire présente une double face... si d'une part on est inconnu de nos voisins c'est parce que nous ne prenons plus le temps de les connaître. Quant à stigmatiser telle ou telle origine, n'est - ce pas à ces mêmes communautés de "faire leur ménage" comme l'ont fait les Italiens dans les années 60 ? Une époque où la vraie xénophobie s'épanouïssait au grand jour...

Imaginons que l'initiative passe la rampe, ça obligerait d'une part nos concitoyens à s'intéresser d'avantage à leurs voisins et cela aurait le mérite d'obliger nos amis étrangers à se faire mieux connaître en s'intégrant parfaitement dans la communauté...

Pour reprendre l'exemple de mes voisins... Il est certain qu'en vivant depuis plus de 7 ans en bon voisinage avec eux, je les connais certainement mieux que n'importe quelle commission, professionnelle soit-elle...

Leurs enfants fréquentent les mêmes écoles que les miens, nous nous croisons régulièrement dans la cité, dans l'ascenseur, nous échangeons parfois une gousse d'ail, nous nous prévenons des soirées "familiales" plus bruyantes que d'habitude, nous veillons réciproquement sur le retour des enfants de l'école... etc...

Citer Emmen à plus soif, je dirais simplement que la Suisse ne se résume pas à cette commune. Tout le monde parle d'Emmen parce que la TSR nous a servi un "bouillon de notre culture". Merci pour le souci d'information de notre régie nationale qui une fois de plus se distinguait par sa médiocrité. Au lieu de nous parler de Bassin (VD) où c'est exactement le contraire qui s'est produit.

Un manque d'objectivité qui frise la désinformation... merci Billag. Merci la TSR.

Quant à confier la naturalisation de mon épouse, avec qui nous venons de fêter nos 14 ans de mariage au passage, restée étrangère au demeurant, à nos concitoyens sans la moindre hésitation. Elle s'est complètement intégrée et assimilée à notre Histoire, qu'elle connaît mieux que moi par ailleurs, et adhère complètement à notre mode de vie. D'ailleurs elle souhaite maintenant devenir Suisse, tout ça pour profiter de notre soupe du premier août :o)
Encore une profiteuse...

Salegueule, merci pour votre commentaire, je souhaitais citer l'exemple de Bassin curieusement absent des écrans de la TSR durant cette campagne... quant à m'exiler dans le "Haut de Vaud" ou la Suisse centrale, j'hésite, avec tout ce qu'on entend, car mon étiquette de "Gueule Elastique" risque de m'exposer à la xénophobie discriminatoire propre aux habitants des communes plus rurales... Imaginons les titres des journaux locaux : "Encore un Genevé qui profite de nos apéros les jours de votation"...

"Un Genevé dans les Alpages" ; le récit d'un Genevé confronté à la dur intégration dans la communauté, son combat quotidien pour s'assimiler...

Mon prochain livre peut-être ?

Plaisanterie à part, je continuerai à insufler à mes enfants ce qu'est le devoir civique parce que la démocratie est une dame fragile qui mérite l'attention de tous les citoyens.

Quoi qu'il en soit, je tiens à remercier tous les intervenants qui par vos commentaires intelligents et argumentés démontrez si besoin était, que nous pouvons avoir des différences de point de vue et en débattre le plus normalement du monde... le témoignage d'une démocratie vivante.

Maintenant c'est au seul souverain de ce pays de s'exprimer.

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 31/05/2008

Bonjour à tous,
Le café-croissant / verre de blanc concernait une commune genevoise...

Voici un commentaire que j'avais fait sur un autre blog:

"L'UDC joue très bien ce coup. En proposant que ce soient les citoyennes et citoyens qui décident, dans leur commune, de la façon dont sont naturalisés les demandeurs de la nationalité suisse, l'initiative ne devrait pas trouvé beaucoup de détracteurs crédibles. En effet, comment dire à un électeur que son jugement, dans le cas d'une naturalisation, serait partial et que par conséquent on ne doit pas lui demander son avis. Dans une démocratie directe, la citoyenne et le citoyen doivent pouvoir décider de tout, y compris de déléguer le pouvoir de naturaliser. Mais cette décision doit être la leur."

http://salegueule.romandie.com/post/7251/110691

Écrit par : salegueule | 31/05/2008

Bonjour à toutes et à tous,

Re bonjour Salegueule,

bah... vous savez... je suis déjà un exilé Onésien en terre Verniolane que depuis 27 ans, je vous laisse imaginer les regards en coin et les chuchotements qui ponctuent mon quotidien... Alors quitte à devoir affronter la xénophobie latente de l'ensemble de nos concitoyens incapables du moindre discernement, je préfère faire le grand saut directement : Uri, le Haut de Vaud, ou les Grisons...

Mais à tout hasard, dites voir ??? Dans quelle commune se voit-on offrir un petit verre ou un café croissant ???

Parce que comme vous le dites si bien, les jours de votation devraient être une fête populaire, ou du moins un moment où les habitants d'une commune pourraient se retrouver... comme cela se fait dans certaines communes, ici dans notre beau et merveilleux canton... mais aussi ailleurs dans le pays.

Enfin, il nous reste le premier août... que d'ailleurs bien traitrement je passe à Onex...

Bien à vous Salegueule et encore merci pour vos différents commentaires,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 31/05/2008

J'ai une petite pensée pour vous Greypowered et je vous plains.

Comment avez-vous fait pour vous isoler à tel point, qu'après avoir passé 25 ans dans un petit village, vous ne connaissez presque personne et surtout pas
vos voisins ?

Il y a quelque chose qui m'échappe...

Écrit par : bidouille | 31/05/2008

Si on va du côté de Bardonnex, de Perly Certoux, de Dardagny etc... on a toutes les chances d'être bien reçu au local de vote........

Écrit par : salegueule | 31/05/2008

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Salegueule,

merci pour l'info... parce que pour celles et ceux qui ne savent pas, nous pouvons voter dans n'importe quel local de vote, il suffit d'avoir son passeport, carte de vote et HOP les commissaires introduisent votre bulletin dans une enveloppe réservée... moralité Café croissant gratuit... :o)

Donc, donc, donc, votez... et peu importe votre choix, mais votez !

Merci à tous,

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 31/05/2008

Bravo pour le civisme, mais pas pour le pique-assiette..........

Allez se goinfrer au frais du contribuable voisin... c'est pas bien!

Écrit par : salegueule | 01/06/2008

Mon argument n'est certainement pas double. Il est même très clair, puisqu'il fait référence à un état de fait largement documenté depuis des décennies sur l'évolution de la sociabilité en ville. Or, la très grande majorité des Suisses vivent en milieu urbain. C'est donc plutôt vous qui amenez un autre thème, à savoir les efforts à faire pour connaître ses voisins, mais qui n'a rien à voir avec cette initiative. D'autant moins que je ne vois pas en quoi elle pourrait "obliger" les voisins à mieux se connaître. Si le fait de détenir une prérogative suffisait à faire bouger les gens, ce ne sont pas des taux de participations lamentables de 40-50% de votants que nous devrions avoir, mais de100%!

Et vous pensez vraiment que vos voisins en savent suffisamment sur vous pour évaluer votre degré de probité morale et d'intégration? Savent-ils si vous payez correctement vos assurances, vos impôts? Et si vous aviez des dettes, le sauraient-ils aussi? Et vos connaissances des lois suisses, des règles locales et de l'histoire du pays, ils ont eu l'occasion de les évaluer au cours d'une interro? Voyez-vous, j'ai de très gros doutes à ce sujet, car avoir de bonnes relations de voisinages, même se rencontrer quelque-fois pour prendre le thé ensemble n'impliquent pas la connaissance quasi-intimes du candidat que nos exigences de qualité requièrent. Mais même à supposer que vous ayez développé des relations quasi-fusionnelles avec vos voisins, qu'en est-il des personnes qui se trouvent hors du cercle social immédiat des voisins et des professeurs de vos gosses? Ils font comment pour vous évaluer? Ils se contentent d'une demi-page d'informations sur votre parcours de vie et des ragôts de vos voisins?

Avec de tels critères, n'importe quel tordu du type de Josef Fritzl, bien comme il faut à la surface, arriverait à obtenir la nationalité pour peu qu'il n'ait pas un nom de famille se terminant en -ic et un prénom imprononçable.

Quant à citer Emmen, ben oui, il faut le dire, le cas est emblématique. Et même s'il ne représente de loin pas toute la Suisse, il représente bien une certaine Suisse, que l'on retrouve aussi dans d'autres communes de la région qui naturalisaient aussi par les urnes. Le rejet systématique des candidatures balkaniques, alors que celles-ci étaient recommandées par les commissions de consultation, qui elles, avaient une bonne connaissance de la vie de ces personnes, s'est aussi manifesté dans ces autres localités. D'ailleurs, le reportage de Temps Présent auquel je crois que vous faites référence ne concernait pas Emmen mais une commune dans le canton de Thurgovie, si mes souvenirs sont bons.

Et non, ce n'est pas à une communauté de faire le ménage en son sein. Tout d'abord, parce qu'il ne s'agit pas forcément de communauté organisée, surtout dans le cas des gens originaires des Balkans. Ensuite, parce que les individus n'ont aucune obligation de se sentir responsables pour ce que d'autres font, du simple fait qu'ils ont la même origine. Si à chaque fois qu'un Suisse fait des siennes, je devais me sentir responsable et aller le sermonner, je n'aurais plus tellement le temps de faire autre-chose. Il n'est donc certainement pas justifiable que des candidat à la naturalisation fassent les frais d'un ras-le-bol de la population à l'égard de délinquants qui ont le malheur d'avoir en commun une même origine. Cela s'appelle ni plus ni moins que de la stigmatisation collective! Or, ce mode de défouloir facile est un danger pour la démocratie et la paix sociale.

@Bidouille,
Si vous aviez lu correctement mon commentaire, vous auriez vu que je ne vis certainement pas isolée! J'ai une vie sociale tout à fait dynamique, même s'il m'arrive de devoir me concentrer sur mes travaux de recherche. Seulement, cette vie sociale ne se déroule pas dans ce village. Il faut aussi savoir que mes chers voisins, qui appartiennent à des familles du coin depuis des lustres, nous considèrent ma famille et moi à peine mieux que des étrangers. A leurs yeux, nous ne sommes que des "confédérés". Qant aux "vrais" étrangers, pour la plupart des fonctionnaires internationaux ou des employés de grosses multinationales de la région, c'est vite vu, ils font comme s'ils n'étaient pas là. Fondamentalement, nous n'avons strictement rien en commun si ce n'est de vivre dans le même périmètre.

Écrit par : Greypower | 02/06/2008

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