13/06/2008

La poèsie comme exutoire

Bonjour à toutes et à tous,

hier je recevais un commentaire sur mon billet intitulé L'ère Roth Bernasconi à l'UPA...

Et comme j'adore les gens qui se permettent de me juger sans même prendre le temps de se renseigner à mon sujet, je l'ai invité à se procurer le recueil de poèmes "Le Damier 10" pour y lire l'un de mes poèmes les plus célèbres...

Eh oui, je suis aussi poète à mes heures perdues...

Comme je sais pertinemment qu'il ne fera pas la démarche, je le lui retranscrit ici, bonne lecture à tous :

KOSOVO

Images du Kosovo

Maintenant je ne trouve plus mot

Une jeune femme joue ses notes au piano

J’écoute et prends du repos

Mélodies qui soulagent

Mon coeur en rage

 

 

Apaisant mes yeux en regardant vers le bleu des cieux

Réconfortant mon coeur de l’horreur

Sur leur visage habillé de mort, il reste la trace de la peur

Femmes, enfants, vieillards… Je pleure

 

 

J’ai été soldat, mais rien ne prépare à ça

Aux visages de civils innocents marqués par l’effroi

Dont la seule faute réside dans le fait d’avoir été là, dans cet endroit

La guerre ne m’a jamais fait rire

Et là… croyez – en le soldat…

Ces gens ont dû souffrir, dans la mort se blottir

 

 

Jeunes femmes dénudées, probablement violées

Bafouées avant d’être tout bonnement exécutées

Un enfant portant le numéro 36 baignant dans son sang

Etres Humains réduits à néants sous la main d’autres gens

 

 

J’ai été soldat… mais rien ne prépare à ça

Officier, de mes hommes je n’aurai pu accepter ça

Sans hésiter, mon arme j’aurais chargée

Contre mes hommes retournée

 

 

Rien ne prépare à ce que les photos ne disent pas

Rien ne justifie le rappel de ces vies

Un soldat ne viole pas, ne pie pas

Un officier combat son ennemi

 

 

Défendant ses valeurs qui comptent à son coeur

Prêt à donner sa vie à son pays, une cause, une idée, défendre la liberté

Cela en faisant fie de sa peur

Alors comment ont-ils pu exécuter

Ces civils non armés, sacrifiés à une cause qui n’était pas la leur

 

 

N’y a-t’il  plus de code d’honneur

A tel point que la guerre devienne horreur

Crimes de guerre que rien ne fera taire

Le pire c’est que certains en sont fiers

 

 

Alors dans mon cœur je sens la colère

Mais la colère amène la haine

La haine mène à la guerre

Et aujourd’hui la colère qui est la mienne

Mènerait cette petite Terre droit en enfer

 

 

Partout sur cette Terre

Les larmes d’une mère

Sont les mêmes

Car leurs enfants elles aiment

 

 

Le sang est rouge et peu importe la couleur

La religion, la culture, les différences

Regardons tous dans nos coeurs

En y réfléchissant, peut – être éviterons nous les guerres

 

 

Les guerres sont toujours l’idée de pontes

Qui envoient combattre les autres sans la moindre honte

J’ai été soldat ou mercenaire… je ne regrette pas

Mais aujourd’hui… je ne le suis plus et je suis fier de ça

 

 

Kosovo je ne trouve plus mot

Puisse cette mélodie emporter mes maux

Mes larmes guider mon âme au plus haut

Pour porter à Dieu, aux Cieux, cette prière

Afin que sur cette terre… il n’y ait jamais plus de guerre

Utopie pour laquelle aujourd’hui…

Je serais prêt à donner ma vie

 

 

Sjenica 1998, 

A mes frères d’arme, 

A ces Etres Humains que rien ne ramènera.

 

 

Poème paru dans « Le Damier 10 » aux éditions France Europe Editions

 

 

"L'utopie peut mener au rêve... et parfois... le rêve devient réalité..."

 

Alors Eric ?... pour me donner des leçons.... vous ? où étiez vous en 1998 ? 

Bien à toutes et à tous,

Stéphane

 

Je vous rappelle que ce texte est soumis aux articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

 

Sa reproduction ainsi que son utilisation sont donc strictement interdites sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants cause.

05:32 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : kosovo, hymne, paix |  Facebook |

Commentaires

Bonjour (Président) Stéphane ! ;o)

"Afin que sur cette terre… il n’y ait jamais plus de guerre
Utopie pour laquelle aujourd’hui…
Je serais prêt à donner ma vie"

C'est ce drôle de paradoxe qu'il est impossible d'expliquer aux gens qui n'ont jamais connu l'uniforme ou vu la couleur rouge sale du sang.

Bien à vous,

:o)

Écrit par : Blondesen | 14/06/2008

Très beau poème, Stéphane! Silence, on assassine au Kosovo : il y survit une organisation clanique régie par la loi coutumière fondée sur l'honneur; plus de 5 000 foyers sont pris dans cette spirale de vengeance et de meurtres.

Dans certain milieu à Genève, des Kosovars et des Albanais se déchirent. On trouve donc toujours de bonnes raisons de se faire la guerre et ce n'est pas toujours la faute à autrui si on est con.

S'il s'agissait de Serbes, on n'appliquerait certainement pas la même loi du silence que la mafia. Ce n'est pas une raison pour accepter n'importe quoi et leur faire des faveurs comme il se passe ici! On ne leur doit rien ... et les petites combines dans le monde professionnel au grand dam de nos lois républicaines pour lesquelles des générations se sont battues devraient être empêchées fermement.

Écrit par : Eros | 14/06/2008

Merci pour votre poeme, Stephane. Je m'irteresse beaucoup a ce sujet. Je pense que cette information peut etre utile pour moi. Si vous avez encore queque chose, ecrivez-vous.

Écrit par : Reynaldo | 26/08/2008

Bonjour cher Stéphane

En plus d'être un regal de l'écriture poétique ...il y a tant de vérités vécues.

C'est beau de vérité ... c'est criant et déchirant d'exactitude ...

Tu es mon maître mot ... toi frère d'arme ...

Je t'accompagne dans ton combat ...

Courage ...!!!

HB

Écrit par : HumanBomb | 22/04/2010

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