11/01/2009

Votations du 8 février... NON au vote par Internet

Bonjour à toutes et à tous,

vote_electronique_fevrier_coffre.jpgLe 8 février nous voterons aussi pour ou contre le vote par Internet.

Cet objet cantonal, complètement occulté par la campagne fédérale actuelle sur les bilatérales, est pourtant sujet à vrai débat.

Débat y a t'il sur ce sujet ?

Non... simplement parce qu'on voudrait que cet objet passe discrètement la rampe de la votation sans faire de vague.

Savez vous pourquoi ?

Parce que le système proposé par la Chancellerie est tout simplement aussi sûr qu'un coffre grand ouvert.

On peut enrober le projet de Evoting dans du papier craft, y mettre un joli ruban, mais ce système démontre au fil des tests qu'il est bourré de failles facilement exploitables.

Au delà des déficits de sûreté avérés, il ne répond pas non plus aux garanties Constitutionnelles minimums offertes à tout citoyen susceptible de vouloir assister au dépouillement, pas plus qu'il ne garantit l'identité du votant, et j'en passe...

En tant qu'informaticien, je devrais me réjouïr de cette orientation technologique, sauf que mon attachement à la démocratie dépasse de loin mon seul nombril et qu'il faut absolument refuser le vote par Internet.

Lors des dernières votations, les résultats des votes sur l'AVS aurait pu être manipulés car les attaques sont aussi simples qu'elles sont efficaces :

.../... -"En effet, selon les précédentes évaluations de l'EPFL, une telle attaque peut affecter jusqu'à 40%* des bulletins électroniques (chiffre confirmé encore récemment par le Dr Oechslin). L'attaque ne laisse aucune trace tangible, et ne peut donc pas être détectée (elle peut avoir ou ne pas avoir eu lieu, ce qui est très mauvais pour la confiance populaire).".../...

.../... -"Lors du vote de novembre, le résultat genevois sur l'initiative "AVS flexible" fut de 51,05% OUI et 48,95% NON, soit une différence de. 2089 voix. Comme, et malgré le très faible taux d'usage, il y eut 2741 bulletins électroniques, la falsification peut donc avoir potentiellement affecté 1096 bulletins électroniques. En conséquence, s'il y eu un report de choix, suite à la falsification, de 1096 NON en l'équivalent de OUI, c'est que, sans cette éventuelle falsification, le résultat aurait très bien pu être : 49'546 OUI et 49'649 NON.
Donc, le résultat du vote -non falsifié- aurait pu être inverse (49.95% OUI, 50,05% NON) de celui publié sans que l'on puisse le savoir.".../...

Selon l'EPFL, l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, et non selon mes délires paranoïaques pour ceux qui pourraient me prêter ce genre de pathologie.

A ce titre, doit-on faire confiance à la Chancellerie lorsqu'elle affirme mordicus que son système est ultra fiable et que là où l'Armée US a renoncé, ils ont réussi ?

Ou alors ? allez vous prêter votre attention aux nombreux professionnels du domaine, notamment à l'un des développeurs de la plateforme actuelle de vote, aux plus hautes écoles de ce pays en matière technologique, à des pays comme les Etats Unis, qui disent "haut et fort" :

NON au vote éléctronique

Voulez vous vraiment livrer l'outil démocratique : le vote ; à la merci de quelques doués en informatique qui ne feront qu'une bouchée du système de la Chancellerie ?

Au pire, pour retomber dans nos frais, nous pourrons toujours vendre ce système à d'autres pays "démocratiques et libres", suivez mon regard :

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Avec le personnel de l'Ambassade,

boycott_libya.jpgdont_forget_our_citizens.jpg171ème jour de captivité pour nos deux ressortissants

En attendant de devenir président

Des voix remontent de la cave...

-"C'est encore loin la Libye?"

-"Tais - toi et creuse !"

 

Bien à toutes et à tous,

Stéphane 

Commentaires

Pour en savoir plus sur les mode de vote à distance, lire cet article d'un chercheur en informatique d'un laboratoire CNRS : « Analyse des vulnérabilités de trois modes de vote à distance », Legalis.net, pp.13-31, #3, septembre 2008.
http://www.sciences.univ-nantes.fr/info/perso/permanents/enguehard/perso/Enguehard_Legalis2008.pdf

Résumé :
Cet article analyse trois modes de vote à distance dans un environnement non contrôlé : vote par correspondance postale, vote par correspondance hybride et vote par internet. Il décompose les procédures de vote en différentes étapes dont il compare les vulnérabilités en ce qui concerne le respect des critères d'un vote démocratique (confidentialité, anonymat, transparence, unicité, sincérité). Qu'il s'agisse de sûreté ou de fiabilité, chaque vulnérabilité est quantifiée par trois paramètres : ampleur, difficulté et visibilité.
L'étude constate que l'automatisation des traitements combinée à la dématérialisation des objets du vote tend à substituer des vulnérabilités visibles et d'ampleur réduite par des vulnérabilités invisibles et de grande ampleur.

Écrit par : Matif | 11/01/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Matif,

merci pour votre commentaire et le lien vers l'étude menée par Madame Chantal Enguehard.

Il est difficile de faire plus pointu et précis comme analyse des modes de vote.

Tout professionnel, spécialiste, programmeur, sait que le vote par Internet est dangereux et facilement manipulable.

C'est pourquoi, il est indispensable d'expliquer aux votants que ce mode de vote ne doit pas être accepté.

NON au vote par Internet.

Merci pour votre commentaire,

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 11/01/2009

Bravo pour votre intervention, M. Valenté.

Du point de vue technique, le vote par Internet est une aberration. Tout les professionnels le savent et je vous sais gré de le confirmer.

Cependant, notre Chancellerie d'Etat doit comporter de meilleurs services informatiques que le Département américain de la défense, qui avait renoncé à cette ineptie... Cependant, les spécialistes suisses et américains se rejoignent. Tant l'EPFL, que vous citez, que les trois plus renommés professeurs de sécurité informatique dans les trois plus prestigieuses universités américaines arrivent à la conclusion que le vote par Internet présente des risques que la démocratie ne saurait sérieusement courir.

Écrit par : Soli Pardo | 11/01/2009

Avec un vote par internet, il n'y aura plus aucun contrôle possible. Toutes les manipulations deviennent possibles, avant tout par ceux qui auront mis en place le système et qui en connaîtront toutes les failles et entrées secrètes. C'est une saloperie de plus. C'est donc NON. Pour la démocratie. Aucune confiance en des personnes comme le chancelier, déjà pris les mains dans le pot de confiture et jamais élu.

Écrit par : Johann | 11/01/2009

Bonjour,

Quelle est la source de la citation
"En effet, selon les précédentes évaluations de l'EPFL..." ?

Écrit par : Sarasota | 11/01/2009

Bonjour,

Avez-vous les références de l'analyse de l'EPFL?

Meilleures salutations.

Écrit par : Yvan | 11/01/2009

Déjà que Bush a été élu grace a des machines bidouilées !

ON EN RESTE AU PAPIER ET C'EST TOUT !

Écrit par : Djinius | 11/01/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Merci pour vos commentaires, l'extrait de l'Email reçu provient d'une source proche du dossier qui connaît parfaitement la plateforme en question. De plus, les résultats cités sont informés. (Dr Oechslin)

Pour le reste, je préfère préserver la source pour le moment et dévoilerait cette dernière si, et si seulement, il devait y avoir un débat public télévisé ou par la presse écrite.

Mais pour le moment, aucun débat, nulle part sur ce sujet pourtant important pour l'avenir de notre démocratie. Mais on préfère publier des déclarations de l'ASPO sur les corbeaux qui égaillent les affiches de l'UDC, plutôt que de parler des vrais problèmes...

A Genève rien en change... concentrons nous sur le futile.

Heureusement, sur cette question l'UDC n'est plus seule, et d'autes partis soutiennent le NON.

Ensuite, même les programmeurs les plus méritants et brillants de UNIX le disent, aucun code source n'est sûr.

Aucun.

Les arguments pour le vote éléctronique sont tellement insignifiant au regard des risques encourus pour notre démocratie, que ce mode de vote ne peut et ne doit pas passer la rampe de la votation populaire.

Le vote par correspondance permet déjà de voter sans le faire à l'ancienne comme je le fais chaque dimanche de votation.

Pour ma part qui, je le rappelle, suis informaticien, enfin ingénieur systèmes certifié, je suis totalement opposé à cette forme de vote et je sais trop bien pourquoi.

La démocratie n'est pas une banque, on ne peut pas assurer le résultat d'une votation qui serait volée par ce biais.

N'oubliez pas de bien réfléchir lorsque le 8 février vous cocherez la question, la seule bonne réponse sensée est le NON.

Vote par Internet : X NON

Bien à tous et merci pour vos commentaires,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 11/01/2009

Si par malheur le vote électronique passe, il faudra alors demander que la récolte de signatures pour initiatives et referenda puisse se faire par internet aussi...

Écrit par : Johann | 11/01/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Johan, si le vote par Internet passait, je serais Conseiller national en 2011 sans le moindre doute possible.

;o)

Je m'économiserai même de faire campagne.

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 11/01/2009

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