15/01/2009

NON au vote par Internet, 3 raisons de dire non !

Bonjour à toutes et à tous,

vous allez me trouver redondant, j'écris toujours sur le vote par Internet... 3ième billet en 5 jours...

Vous m'en excuserez, je l'espère car vraiment ce vote est bien plus important qu'il n'y paraît.

Ici, je ne vais pas vous décrire toutes les failles, tous les arguments techniques, je vais simplement argumenter trois points sur lesquels, soyons en sûrs, les partisans ne pourront rien opposer car se sont les faits :

1 Droit élémentaire du citoyen :

vous_etes_prevenus.jpgTout citoyen a le droit d'être scrutateur ou témoin d'un dépouillement. De vérifier de l'ouverture de l'urne à sa fermeture, suivre le décompte des bulletins, des voix, jusqu'au départ de l'urne scellée emportée par la police. C'est un droit élémentaire.

Avec le vote par Internet, il est parfaitement impossible de comptabiliser les votes, les serveurs le font automatiquement. Même un professionnel assis à côté des serveurs ne peut physiquement procéder au décompte.

C'est donc une violation du droit élémentaire de tout citoyen, une atteinte flagrante à un principe de base de la démocratie.

Ce seul argument est à mon sens suffisamment sérieux pour dire NON.

2 Droit de recours, contestation, annulation d'une votation :

balance_justice.jpgSi l'affaire de Vernier a pu être démontrée, conduisant à l'annulation d'une éléction en raison de malversations, c'est parce que les signatures manuscrites présentes, après analyse graphologique, sur un certain nombre de cartes de vote provenaient de la même main.

Avec le vote par Internet, sans authentification biométrique préalable, il est simplement IMPOSSIBLE de savoir quel citoyen a voté. N'importe qui peut voter à votre place. De là, il sera impossible de prouver la moindre fraude.

Avec le vote par Internet, si fraude il y avait... personne ne le saurait jamais...

Ce seul argument est à mon sens suffisamment sérieux pour dire NON

3 Technique et ciblage : 

zyvalabidouille.jpgL'introduction d'un ver dans la machine de l'utilisateur permet de geler la page d'envoi de votre bulletin, ensuite on récupère l'envoi, on le corrige, et on le renvoie sur le serveur, la page de confirmation vous apparaît le plus normalement du monde, sauf que votre vote aura été modifié. Aucun besoin de casser le cryptage, aucune complication.

Vous vous dites, mais comment cibler la Suisse pour une attaque ?

Faites l'expérience, tapez ou cliquez sur le lien www.google.com, automatiquement, vous serez redirigé vers www.google.ch version française si vous venez depuis le bassin lémanique. Le serveur identifie votre adresse IP et vous donne la bonne du site. Ces IP, sont distribuées par pays et par fournisseur d'accès. Il suffit donc de connaître les plages IP des principaux fournisseurs d'un pays donné et d'attaquer le réseau par des vers.

Voilà... pour l'exemple : votre adresse IP est : Adresse IP offerte par ActuLab

La Suisse en matière informatique est un dinosaure à l'époque des navettes spaciales. Aucun département qu'il soit fédéral, cantonal ou communal n'est prêt à faire face à une réelle attaque cybernétique. Un article récent paru dans La Tribune de Genève faisait part des craintes et des avertissements qui nous parviennent d'outre Atlantique.

Ce seul argument est à mon sens suffisamment sérieux pour dire NON

En fait Mesdames, Messieurs, les partisans du OUI au vote par Internet n'ont aucun argument solide. L'argumentaire se contente de dire : au 21 ième siècle, une administration moderne, un gain de temps, etc... des arguments de forme... car les arguments de fond conduisent tous au NON.

Le vote n'est pas un acte administratif, c'est l'expression de la volonté, de l'opinion, d'un citoyen.

Ce genre de système conviendrait parfaitement à des pays libres démocratiques socialistement islamique où il fait bon vivre :

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Vos réservations directement auprès du Ministère de l'Intérieur Libyen

Avec le personnel de l'Ambassade,

boycott_libya.jpgdont_forget_our_citizens.jpg175ème jour de captivité pour nos deux ressortissants

En attendant de devenir président

Des voix remontent de la cave...

-"C'est encore loin la Libye?"

-"Tais - toi et creuse !"

 

Bien à toutes et à tous,

Stéphane 

Commentaires

Et il reste la question de savoir pourquoi la moitié de la population ne s’exprime pas dans les urnes.
La réponse nous est donnée une étude de l’Université de Genève:(www.ge.ch/evoting/doc/rapports/rapport_26sept_final.pdf).
Pour certains citoyens glisser son bulletin dans l’urne ou dans la boîte aux lettres reste un obstacle insurmontable; en revanche, voter par un clic de souris est de l’ordre du possible.

C’est une question de style de vie.

Ignorer cette évolution, c’est finalement faire le jeu du clientélisme, c’est vouloir limiter l’exercice pratique du vote aux seules personnes que l’ont connaît directement.
Le vote par internet existe pour répondre à des besoins nouveaux de mobilité et de souplesse. Il atteint un public que l’isoloir et le papier n’atteignent plus, un public qui vit pleinement les possibilités offertes par les technologies de l’information.
Le vote par internet et plus généralement l’eDemocratie (pensez à Smartvote, par exemple) sont des projets sociaux et politiques bien plus que des projets techniques. Ils apportent une amélioration sociale en cela qu’ils élargissent le cercle des personnes que le débat politique atteint et renforcent l’autonomie des citoyens face aux appareils des partis.

Le vote par internet permettra de rafraîchir la participation politique et de moderniser notre démocratie.

Le 8 février, glissez dans l'urne ou dans l'enveloppe... un OUI.
Faites preuve d'esprit démocratique.

Écrit par : Charly Schwarz | 16/01/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Charly,

tout d'abord j'espère que vous allez biem ? et aussi je vous souhaite une bonne et heureuse année.

Vous pensez réellement que ce mode de vote va influencer le taux de participation ?

Alors j'ai bien peur que devant le nombre de manipulations demandées, le remplissage du bulletin demande moins de temps et de complication pour l'utilisateur lambda.

Quitte à partir dans le délire du vote numérique, autant mettre en place une plateforme sms : Voter OUi taper 1 Voter NON taper 2...

Ensuite, vous m'excuserez du peu Charly mais votre commentaire s'inscrit exactement dans ce que je décris : des principes de forme...

Le fond, les motifs qui conduisent au NON sont nettement plus importants et lourds de conséquence.

Quant à l'esprit démocratique : confier l'expression citoyenne à quelques érudis de l'informatique, vous m'excuserez là encore... mais ce n'est pas démocratique de concentrer le pouvoir dans les mains de quelques uns.

Sur ces bonnes paroles, Charly, votez NON...

Parole d'informaticien Charly, votez NON...

Parole de citoyen Charly, votez NON...

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 16/01/2009

Vous avez totalement raison Stephane.

On peut aussi ajouter (si vous ne l'avez pas deja fait dans un autre article):

- Que c'est la fin du vote a bulletin secret puisque votre IP est tracable.

- Qu'il n'y a plus aucun moyen de verifier si quelqu'un de votre entourage a "cliqué" a votre place. Et cela semblait pourtant pour les socialistes un motif valable d'annulation d'un certain srcutin de Vernier.

Quand aux arguments de Charly... glisser une eveloppe dans une boite est trop difficile et hors de porté de certain ? l'IT n'est pas un "projet social", c'est un outil. Et j'ai l'impression que pour "faire moderne" il souhaite mettre la democratie au service de l'outil et non le contraire.


PS: Je suis ingénieur et chef de projet IT avec 15 ans d'experience. Et c'est parce que je sais de quoi je parle que je voterai NON !

CE

Écrit par : Eastwood | 16/01/2009

Cher Stéphane
Merci pour vos vœux et je m’empresse de vous souhaitez également une année riche en émotions… ainsi qu'aux nombreux lecteurs, acteurs et futurs votants.

Je comprends bien vos réticences, mais est-il exact qu’aujourd’hui, il est possible de s’introduire dans les serveurs du service des votations comme dans un moulin ?
D’avance merci pour votre éclairage

Écrit par : Charly Schwarz | 16/01/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Eastwood,

cher confrère, nous sommes nombreux à trépigner à l'idée que cette forme de vote passe la rampe...

Aucun argument solide ne vient conforter le OUI... aucun.

C'est In, c'est dans le moove, c'est un progrès social, et bla bla bla... Rien une coquille vide... car ce n'est pas un progrès de confier à quelque élite la contrôle démocratique.

C'est une régression sociale, démocratique et civique.

Mais bon, laissons les convaincus être convaincus que c'est une merveille d'avancée...

Lors que l'on concentre le pouvoir dans les mains d'une minorité, on régresse.

L'expression démocratique : le vote doit rester sous le contrôle de tous.

Comme vous Eastwood, en tant que professionnel, je m'arrache les cheveux à l'idée que ce mode de scrutin passe la rampe. Et pourtant je n'en ai plus beaucoup... :o)

De l'inconscience.

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 16/01/2009

Clint, depuis Singapour, vous faites comment pour voter non ?
Par correspondance ? Et votre lettre, vous pouvez la suivre depuis chez vous jusqu'à la chancellerie?
Ce qui est valable pour une enveloppe perdue quelque part du côté du Dubaï l'est aussi pour un sac bourré d'enveloppes dans les mains d'un facteur aux Pâquis ou ailleurs.
Votre point 1 n'est déjà plus d'actualité depuis une vingtaine d'années cher Stéphane. Mais cela a permis de faire remonter le taux de participation de manière spectaculaire.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/01/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Charly,

s'introduire dans un serveur, notamment de la Chancellerie dans le cas qui nous occupe, est possible et réalisable. Dans la cadre d'une attaque ciblée, les serveurs de la Chancellerie ne résisteraient pas très longtemps.

Les banques connaissent bien ce problème et assurent les pertes liées aux attaques. La démocratie elle ne peut être assurée comme un bien.

L'une des failles la plus connue Charly se situe entre l'ordinateur client qui se connecte et le serveur. Le tunnel SSL n'a pas besoin d'être "percé" car il suffit d'infecter la machine cliente.

De plus, on peut imaginer qu'à défaut de pouvoir modifier le contenu du bulletin de vote, il suffit de "flooder" le serveur pour le saturer et le faire planter.

Souvenons nous de yahoo il y a quelques années... dead end... un simple attaque par flood... et Yahoo a des moyens nettement plus importants que notre modeste Chancellerie.

Ensuite, Charly, combien de personnes jettent purement et simplement le matériel de vote dans les récupérateurs de papier présents dans toutes les allées ?

Il suffit de récupérer le matériel et HOP, je vote...

Charly, j'aimerais beaucoup, comme vous, que l'on puisse utiliser tous les supports possibles pour amener les gens à voter.

Malheureusement, la voie Internet est réellement dangereuse et lourde de conséquences.

Que vous ayez vos idées et vos convictions, je le comprends, mais lorsque vous allez voter, dans le secret de l'isoloir... cochez le NON.

Mes confrères, et croyez le nous sommes beaucoup, pensent à juste titre que ce mode de scrutin présente un danger pour nos droits démocratiques élémentaires.

Pour votre information Charly, je suis ingénieur systèmes + 1, j'ai passé deux ans et demi à travailler sur les plateformes de cryptage, c'est donc avec un certain bagage que je vous invite à cocher le NON.

Objectivement et en toute impartialité Charly, votez NON.

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 16/01/2009

"Il suffit de récupérer le matériel et HOP, je vote..."

Ce qui c’est passé à Vernier… je crois, cher Stéphane !
Si je suis bien vos arguments, nous devrions passer directement au vote par téléphone mobile… N’est-il pas plus sur que le réseau Internet ?

Écrit par : Charly Schwarz | 16/01/2009

Monsieur Schwarz, comme je ne comprends pas, je vous prie de bien vouloir m'éclairer.

Vous affirmez : "Ignorer cette évolution, c’est finalement faire le jeu du clientélisme, c’est vouloir limiter l’exercice pratique du vote aux seules personnes que l’ont connaît directement."

Qui mieux que le Service des Votations connait ceux qui ont le droit de vote et leur fait parvenir le matériel de vote ?

Accusez vous de corruption ce service ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 16/01/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Philippe,

désolé de devoir vous contredire, mais vous pouvez parfaitement demander de participer au dépouillement des bulletins arrivés par la poste. La loi est claire et ne fait aucune différence entre les modes de scrutins.

Ensuite, sur les bulletins de vote par correspondance, il y a la signature MANUSCRITE du citoyen. D'ailleurs sans cette dernière, le bulletin de vote est simplement déclaré non recevable.

Par Internet vous vérifierez quoi ? le comment la personne appuye sur le bouton envoyer ?

Aucune athentification biométrique, je peux voter pour vous, en votre nom... sans craindre la moindre poursuite possible.

Rien ne peut en cas de litige conforter ou infirmer la fraude, Philippe.

Vous appelez ça une avancée ?

Moi pas.

Bien à vous Philippe, et je ne saurai trop vous recommander dans l'isoloir de cocher le NON.

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 16/01/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Charly,

vu sous cet angle... passons directement au vote par sms... PTDR :o)

Plus sérieusement Charly, si le monde qui nous entoure était beau et roZe... et que tous soyons des citoyens respectueux du droit démocratique, la question ne se poserait pas.

Malheureusement, nous connaissons que trop bien l'âme humaine.

L'occasion fait le laron.

PTDR :o) le vote par sms...

J'imagine déjà le spot plubicitaire à la télé : -"Votants pour le OUI tapez 1, votants pour le NON, tapez 2"

2.- Par SMS.

PTDR :o)

Bien à vous Charly,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 16/01/2009

Stéphane, on peut assister au dépouillement des bulletins arrivés par la poste, mais rien ne nous garantit qu'ils sont tous là et que certains ne se sont pas perdus en route, puisque le citoyen ne peut pas suivre le cheminement...
Et si quelqu'un s'amuse par exemple à décoller et recoller les enveloppes (comme vous le dites, du matériel de vote inutilisé, ça se trouve) toutes les manipulations sont permises.
Je suis d'accord avec vous, le côté Big Brother de l'affaire est inquiétant. Mais j'ai moi l'impression que les gardes-fous sont suffisants, à l'échelle du Canton en tout cas.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/01/2009

C'est un sujet latéral au coeur de discussion, mais juste une note :
--- Attention à la biométrie, utile, mais pour des cas spécifiques.
D'une manière générale, une évaluation favorable en laboratoire n'a rien à voir avec l'exploitation quotidienne sur le dur terrain du monde réel. De plus, ces capteurs soit acceptent trop (faux positifs), soit refusent trop (faux négatifs), donc mécontentant toujours quelqu'un. Et ils sont soit intrusifs, soit mal adaptés aux membres de certaines professions ou aux malades/accidentés.
Par ailleurs, il est si facile de frauder un lecteur biométrique (empr.digit.), voir les bonnes recettes du CCC ou le récent et sévère rapport de la section de criminologie de UniL (passeports biométriques).
Hors de contrôle, p.ex. au domicile de l'usager, un lecteur biométrique n'est d'aucune valeur; on peut injecter une lecture précédente (p.ex. photo pour facial), voire directement un résultat d'autorisation.
Et je ne parle pas du coût d'équipement, de la gestion du déploiement ou de la maintenance.
Enfin, après un problème, comment changer son moyen d'identification ?

Écrit par : Jean-Paul | 16/01/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Philippe, Jean-Paul,

Philippe, vous connaissez ma position, mes arguments sont solides et confirmés par des faits indiscutables. Lorsque vous serez dans l'isoloir, dans le secret de votre décision... votez non.

Jean-Paul, évidemment les problèmes liés à l'authentification du votant ne sont que la pointe de l'iceberg des autres problèmes que soulèvent ce mode de scrutin.

Bien à tous deux,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 16/01/2009

Lire cette étude d'un chercheur d'un laboratoire CNRS d'informatique qui compare le vote par internet et le vote par correspondance : « Analyse des vulnérabilités de trois modes de vote à distance » , Legalis.net, pp.13-31, #3, septembre 2008.
http://www.sciences.univ-nantes.fr/info/perso/permanents/enguehard/perso/Enguehard_Legalis2008.pdf

Y'a pas photo : c'est NON au vote par internet

Écrit par : Matif | 17/01/2009

Bonjour à tous,

Le CERN a été piraté, les banques le sont régulièrement, un pays entier l'Estonie l'a été également.

Pour en savoir plus lisez cet excellent entretien:
http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/01/01/internet-l-impossible-securite-du-reseau-mondial_1136896_0.html

Un chose est sûr le système de vote électronique n'est pas aussi sûr que le laisse croire ses défenseurs.

Que se passera-t-il le jour ou ce système sera piraté ?

Les citoyens en seront avertis ? Devra-t-on revoter ? Ou alors, c'est l'aéropage d'experts qui décidera de l'issue du scrutin

NON au vote électronique

Écrit par : Barbidulle | 18/01/2009

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