13/02/2009

Le salaire minimum... légal, mais est-il idéal ?

Bonjour à toutes et à tous,

smicfinal.jpgen parcourant les "meilleurs blogs" de la blogosphère, j'ai lu le blog de Solidarité qui fait état de la légalité de sa démarche d'instaurer le salaire minimum. L'équivalent du SMIC bien connu en France voisinne.

Un projet légal, mais est-il idéal dans notre système ?

Cette mesure, qui semble de prime abord intelligente, ne résiste pas à une analyse profonde. Analyse tirée des années d'expérience qu'en ont nos voisins. Lire l'analyse

Cette mesure annoncée comme devant palier le dumping salarial, rien n'est moins sûr, ne résoudra en revanche pas le problème du dumping de compétence, pire elle y contribuera avec force.

De fait, avec une telle mesure, on met pratiquement fin aux CCT (convention collective de travail) propres à chacun des domaines où elles sont établies en fonction des compétences requises.

Prenons un exemple, la vente, si pour toucher le minimum, l'employeur défini que la base requise est le CFC pour prétendre au salaire minimum, cela mettera sur le carreau toutes les personnes qui évoluent dans ce domaine sans titres reconnus.

A mon humble sens, en nivelant au minimum le salaire, on donne un point de départ qui dans la plupart des domaines sera la norme.

A ce titre, je ne suis pas sûr que le but recherché sera atteint avec ce moyen... cet outil risque même d'être totalement détourné de sa finalité et prétéritera nombres de salariés qui avec ce systême perdront plus qu'ils n'y gagneront.

Ce système de "valorisation minimum du travail" a démontré chez nos voisins ses limites...

Et n'oublions pas...

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Des voix remontent de la cave...

-"C'est encore loin la Libye?"

-"Tais - toi et creuse !"

 

Bien à toutes et à tous,

Stéphane 

Commentaires

Bonjour Stephane,

Je rejoins vos propos, les effets d'un salaire minimum legal sont plus complexes qu'il ne semble a prime abord. Et effectivement chez nos voisins Français le resultat est plutôt negatif.

Etonnament les très liberales USA ont un salaire minimum legal depuis bien longtemps et les effets y sont plus contrasté. Notament parce que les entreprises y tiennent a garder une structure salariale très inegualitaire pour stimuler la competitivité des employés. Dans certain cas le salaire minimum a donc poussé vers le haut toute la pyramide des salaires.

Pour ceux qui veulent en savoir plus, voir les publications d'un specialiste reconnu par les neo-liberaux comme par les altermondialistes:

Alan Kruger: "Myth and Measurement: The New Economics of the Minimum Wage" (with David Card), Princeton, NJ: Princeton University Press, 1995.

Bonne journée.

CE

Écrit par : Eastwood | 13/02/2009

J'ai de gros doute sur l'analyse soit disant "imparable" que vous mettez en lien. C'est assez superficiel et ne tient pas compte de 2 facteurs:

- L'accumulation du capital. Les pays occidentaux (et la suisse est vraiment dans le peloton de tête) ont accumulé du capital qui leur donne un outil de production très performant. La transformation du travail en richesse est très efficace (c'est la productivité). Baisser excessivement les bas salaires amène dans ce contexte à une situation paradoxale: Il sera plus rentable d'utiliser du travail que du capital. Par exemple, imaginons qu'un agriculteur achète une moissoneuse-batteuse qui lui coûte 100'000.- par année mais qui fait le travail de 10 personnes: si il peut engager ces 10 personnes pour 90'000 par an, il n'achetera plus de moissoneuse et fera faire le travail à la main (mais tant pis pour les ouvriers qui fabriquaient la moissoneuse !).
La pression pour diminuer les salaire est une maneuvre évidente pour provoquer une dé-industrialisation des processus de production. En effet plus la productivité augmente, plus il est difficile pour les entreprises d'augmenter leur profit (baisse tendencielle du taux de profit). Exemple évident: la Chine en plaine phase d'industrialisation fait du 10% de croissance et la suisse quelques misérables %.

- 2e point corollaire du premier: le problème des débouchés. C'est le grand paradoxe du capitalisme: la recherche du profit des entrepreneurs en particulier nuit au profit en général. En effet si les salaires sont des charges pour les entreprises, c'est la masse salariale globale qui permet de vendre, et donc d'écouler, la production. Le seul moyen de ne pas entrer dans une crise de sur-production, c'est que la masse salariale croisse au même rythme que la productivité (comme par exemple, lors des 30 glorieuses). La crise que nous vivons actuellement est une crise de surproduction (la preuve, les entreprises n'arrivent plus à écouleur leur stock et arrête de produire). Depuis les années 80, la part des salaires dans le PIB n'a cessé de diminuer, par contre le profit des entreprises n'a cessé de croître. Par quel miracle ? 1) l'extension du capitalisme (croissance de la Chine et de l'Inde) 2) croissance de la dette (des Etats et des ménages). 3) Financiarisation de l'économie et création de capital-argent virtuel (découle de 2)).

Dans ce contexte, il n'est absolument pas hors de propos de s'interroger sur le salaire minimum, qui soutient les gains de productivité et élargi les débouchés des entreprises.

Écrit par : PtitSuisse | 13/02/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour PtitSuisse,

l'analyse citée en lien n'est pas imparable, mais le propos est d'une logique simple et repose sur la mise en pratique à grande échelle du salaire minimum.

Ici, avec les conventions collectives, nous arrivons à des résultats en matière de salaire minimum qui fonctionne plutôt bien, sans pour autant porter "atteinte" au chance de tout un chacun.

Sincèrement, je ne pense pas qu'un salaire minimum sera la solution, au contraire il réduira comme peau de chagrin les marges de manoeuvre du plus grand nombre de salariés.

Niveler par le bas, n'est jamais porteur. Il vaut mieux laisser les conventions collectives fixer les minimaux tant en matière de salaire, que de compétences requises pour prétendre à ce salaire.

Dans le cadre des bilatérales, ce qui mettait clairement un frein au dumping et fixait la base du contrôle sont justement les CCT, avec plus ou moins de succès selon les branches.. mais c'est clair que les CCT permettent d'éviter le pire.

Le salaire minimum, si il passe le vote, sera la base minimum de la valeur travail. J'ai peur que ce système n'ait exactement l'effet inverse recherché.

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 13/02/2009

Bonjour,

Pas facile d'être nationaliste et ultra-libéral par les temps qui courent!
http://www.domainepublic.ch/files/articles/html/10047.shtml

Ce programme libéral http://cvincent.club.fr/textes/textes/programmeliberal.htm dont est issue l'étude que vous reprenez aurait peut-être aussi du mal à être défendu aujourd'hui en France, la crise ayant montré la limite de l'ultra-libéralisme. L'intervention de l'Etat est souhaitée par les mêmes qui n'en voulaient pour rien au monde il y a quelques mois, ce qui semble diviser jusque dans les rangs de l'UDC.
http://www.24heures.ch/actu/suisse/conseil-federal-ne-veut-controler-ubs-2009-02-12

Écrit par : Tatage | 16/02/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Tatage,

je ne vois pas de contradiction entre le libéralisme et l'intervention de l'Etat dans le capital des banques en difficulté.

De fait, le fleuron de l'industrie bancaire helvétique a effectivement perdu des milliard, cependant durant des années l'UBS et autres ont contribué à hauteur de plusieurs milliard. Si aujourd'hui UBS disparaissait ce serait une véritable catastrophe. L'intervention de l'Etat poru sauver ce fleuron ne me surprend pas et ne me pose aucun problème.

Ensuite que l'UDC propose un contrôle de la Confédération durant la période du prêt accordé à l'UBS, il me semble que c'est la moindre que nos dirigeants doivent aux contribuables.

D'ailleurs, il ne fait pas le moindre pli que nous aborderons cette question dans nos prochaines assemblées et cercles de réflexion pour déterminer quelle est la meilleure solution.

En tout cas, ce n'est pas en coulant l'UBS ou le Crédit Suisse que nous résoudrons, en partie du moins, la crise... Peut être que cette crise conduira à la fusion de Crédit Suisse et d'UBS. Et là, stratégiquement et financièrement parlant nous disposerions du premier groupe financier du monde...

Les crises ont parfois du bon... !

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 16/02/2009

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