18/03/2009

Ils violent, volent, agressent. Verdict : sursis

Bonjour à toutes et à tous,

cage.jpgtout va bien.

Il y ait des sujets qui ne me laissent pas indifférent. Un en particulier : la délinquance des mineurs.

Mais avant de poursuivre, je vous invite à lire cet article qui vous permettra de comprendre la suite de ce billet.

Dans un billet publié ici même, intitulé La Clairière et l'Angélisme, je remerciais les autorités de Police et Judiciaire d'avoir mis un terme à ma lente mais certaine dérive d'adolescent...

Si c'est dans la nature de l'adolescent de chercher sa limite, lorsque les parents échouent dans cette tâche, c'est le rôle des autorités de marquer la limite. A ce titre, il y a 23 ans les autorités judiciaires étaient nettement moins tendre avec les jeunes qui déconnaient.

Et aujourd'hui encore, je leur dois un grand merci.

Avec l'affaire citée en lien, je me demande bien où va t'on ? On parle de viol en bande, de vols, d'agressions commises en bande et les petits gars écopent de sursis.

La plus lourde peine, 2 mois ferme.

Alors petit rappel des faits reprochés :

-"Il a été reconnu coupable de plusieurs viols en commun dans l'affaire de Schmitten, de tentative de contrainte sexuelle dans l'affaire de Wünnewil et d'agression, de vol, de tentative de lésions corporelles graves et d'omission de prêter secours dans l'affaire de l'homme handicapé agressé et volé à Schmitten."

Donc... quel message envoie - t'on à des jeunes qui violent en bande (courageux au demeurant), qui agressent toujours en bande (toujours aussi courageux), qui volent, et s'attaquent en bande à un handicapé (de vrais petits mecs bien quoi)...

Deux mois ferme pour ce qui est de la peine la plus lourde... mesures éducatives pour le reste de la bande de joyeux p'tits loulous ! Cool quoi...

Au fond, ce ne sont pas des délits si graves... des jeunes qui déconnent...

En attendant sous d'autres latitudes, le seul fait d'être porteur du passeport suisse, c'est 234 jours de détention au minimum... 

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Avec le personnel de l'Ambassade,

boycott_libya.jpgdont_forget_our_citizens.jpg234ème jour de captivité pour nos deux ressortissants

En attendant de devenir président

Des voix remontent de la cave...

-"C'est encore loin la Libye?"

-"Tais - toi et creuse !"

 

Bien à toutes et à tous,

Stéphane  

Commentaires

Dans les pays du Sud et des Balkans où le crime d'honneur est très fréquent, les familles des victimes ne s'embarrassent pas d'une justice inefficace et compatissante envers les violeurs. Heureusement, que nous n'en sommes pas là mais toutefois avec autant de laxisme et de clémence, des pulsions de régler soi-même la justice peuvent vite dérivées. Attention, à ne pas renouveler à l'infini des jugements qui ne sont adaptés à la gravité des faits, sinon c'est un très mauvais signal que l'on donne à la société.

Écrit par : demain | 18/03/2009

Cher Stephane,

Vous voyez, que tout ce qui vient de l'Europe n'est pas mauvais...exemple, en France, la prison ferme, c'est dès 13 ans ! Je trouve notre "Justice" laxiste et ignoble envers les victimes. A quand un référendum pour de vraies peines de prison ? Et avec de vraies prisons SVP, pas des palaces comme nous possédons en Suisse. La preuve, en est, que les gens qui ont fait de la prison, tuent afin de pouvoir retourner dans leur nid douillet et confortable qu'est la prison...

Bien à vous,

Écrit par : Café | 18/03/2009

Cher Stéphane

pour répondre à ta précédente question, oui... tout va bien j'espere qu'il en va de meme pour toi.

en ce qui concerne ton dernier article, la difficulté est qu'il s'agit toujours de la meme situation.

ex abrupto, il est indéniable que les informations transmises par les médias sont choquantes. toutefois, et comme toujours il serait souhaitables que les médias, soit se taisent, soit fassent un réel travail d'investigation et de critique.

quelques observations qui ont pu éventuellement, sous réserve d'une parfaite maitrise du dossier, justifier les sanctions, clémentes, prononcées.

il s'agit de mineurs pour lesquelles la rapidité de la réponse pénale est primoridiale. or je note que les sanctions sont intervenus au minimum plus d'un an et demi après les faits... les jeunes en cause sont, aussi choquant que ca puisse paraitre, peut etre passés à autre chose, peut etre se sont-ils investis dans une formation, un travail, de sorte qu'une sanction d'emprisonnement ferme de longue durée pourrait finalement mettre à néant les efforts consentis par les éducateurs, les parents et les mineurs eux memes aux fins d'une réinsertion réussie... cela rentre nécessairement en ligne de compte.

tu stygmatises avec un certain cynisme le fait qu'à chaque fois ils ont agit en réunion, je ne vois pas la une marque de lacheté mais l'énième illustration du phénomène de groupe qui n'excuse rien mais permet éventuellement de comprendre. ce type de délit n'est qu'exceptionnellement commis par des jeunes mineurs isolés... il est ici aussi possible que les juges en aient tenu compte.

une erreur, involontaire (?), t'as fais écrire que la peine la plus lourde prononcée était de deux mois, cela ne semble pas tout à fait exacte meme si la cause en est la cuisine procédurière pénale.

la peine la plus lourde prononcée est en réalité de 10 mois fermes (celle qui probablement figurera sur son casier judiciaire), pour un maximum encouru de 12 mois fermes, or celle-ci a été commuée par la chambre pénale des mineurs à 2 mois fermes, ce qui est parfaitement légal et encadré (en fonction de la situation particulière du mineur et en considération du fait que l'incarcération d'un jeune est plus souvent l'occasion pour lui de s'inscrire définitivement dans la délinquance)

enfin, l'article en cause évoque la présence de 5 adultes, ce qui en soit peut laisser à penser qu'une certaine influence ou pression a pu, éventuellement, être exercé sur les mineurs condamnés, si tel devait être le cas, cette circonstance a nécessairement jouée en leur faveur lors de leur procès.

cette hypothèse pourrait être confirmé par le fait que l'article évoque que l'incrimination d'encouragement à la prostitution a été retenue, ce qui est parfois le cas lorsque des adultes, contraignent ou incitent des mineurs à avoir des rapports sexuels avec d'autres...

ceci étant si aucun de ces éléments n'était présent dans ce dossier, aucune de mes observations n'aurait de justification et bien évidemment je serais comme toi consterné...

J'en reviens donc au début de mon propos c'est à dire sur le role des médias.

Peut être que le journaliste qui a écrit cet article pourrait nous en dire plus? a-t-il eu accès au dossier, a-t-il, au minimum asisté à l'audience du début à la fin?

par expérience personnel, j'ai pu parfois lire des articles sur des dossiers que j'avais pu plaider en l'absence de tout journaliste!

En général l'auteur de l'article se contente d'écouter la lecture des faits reprochés, passe dans une autre chambre suivre d'autres dossiers, et téléphone soit au procureur, soit au greffier soit à un des avocats pour connaître le verdict... parfois heureusement, il reste à l'audience, écoute les éléments à charges, les moyens de la défense, s'imprègne de l'ambiance, du contexte général, et rédige ainsi un article dans lequel il remplit pleinement sa fonction, celle d'informer totalement et objectivement ses lecteurs...

bien à toi

Écrit par : Matthieu | 18/03/2009

"ce type de délit n'est qu'exceptionnellement commis par des jeunes mineurs isolés... il est ici aussi possible que les juges en aient tenu compte."

Mais qui doit être considéré comme un facteur aggravant, et en aucun cas comme un motif d'excuse.

Écrit par : Johann | 18/03/2009

je n'ai pas parlé d'excuse, pardon cela a dû m'échapper...

la circonstance d'une réunion de plusieurs individus lors de la commission d'une infraction est effectivement, incontestablement et légitimement une circonstance aggravante, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle cela est explicitement indiqué dans la prévention (la "liste" des infractions reprochées à un prévenu)

toutefois, la délinquance des mineurs obéït à des règles plus protectrices en considération de la spécificité psychologique et plus précisément de la maturité du prévenu et de sa capacité à résister à l'incitation voir à la "pression" qui résulte d'un phénomène de groupe.

a l'instar d'un état d'acoolémie, le phénomène de groupe est considéré par bon nombre de psychologue et de psychiatre comme un désinibiteur.

Il ne s'agît donc pas d'en faire une excuse ayant pour conséquence que deux individus seraient innocents d'un crime là où un seul d'entre eux aurait été condamné, mais tout bonnement et en toute équité d'en tenir compte et de se demander si le prévenu seul aurait agît de la même manière...

Enfin, il serait bon, de temps à autre, de ne pas juger la qualité du travail effectué par la justice sur des données parcellaires et tronquées, de même il conviendrait de ne pas considérer que les magistrats sont nécessairement des 68ards attardés et idéalistes dont le seul et unique objectif serait de ne surtout jamais sanctionner.

"... et en aucun cas comme un motif d'excuse": le probleme de cette dernière mention est qu'elle implique un systématisme qui ne sied malheureusement pas au principe de la personnalisation des sanctions... la conséquence en est que chaque cas doit être considéré dans son unicité et les sanctions prononcées au regard de la situation spécifiques du prévenu. ce qui pourra être retenue comme une circonstance atténuante pour l'un pourra être une circonstance aggravante pour l'autre.

je profite de la présente pour inviter vivement ceux que ce sujet intéresse à se rendre aux audience et à mesurer ainsi la réalité du travail effectué par la justice. Il n'est certainement pas parfait mais il mérite mieux qu'une critique fondée sur une brève journalistique!

Écrit par : Matthieu | 18/03/2009

On reste toujours dans le tout ou rien, c'est-à-dire le choix entre la simple prison et ses inconvénients (surtout pour des gens très jeunes) et des mesures bidon d'éducation en lesquelles personne ne croit, surtout pas ceux qui en "bénéficient". Fermeté est confondu avec méchanceté et compréhension avec tolérance. Une société comme la nôtre, ou toute mesure passe par la stérilisation d'une bataille politique entre la gauche et la droite sur fond inavoué d'un calcul à courte vue des coûts d'un véritable système de ré-éducation et d'insertion dans la société par un travail quelque peu gratifiant, n'agira de manière forte que lorsque la situation mettra en péril les décideurs politiques eux-mêmes, que ce soit à travers les urnes ou à travers des expériences directes dont ils auront fait les frais, eux ou leurs familles,
Quant à savoir si les mesures prises à ce moment-là seront efficaces, les expériences auxquelles nous pouvons assister dans les pays qui font la loi de par leur influence politique ou économique, peuvent laisser songeur.

Écrit par : Mère | 18/03/2009

Bonjour à toutes et à tous,

merci à tous pour vos commentaires.

Mère, alors sachez que le tout ou rien, nous l'étudions en ce moment même à l'UDC avec M. Yves Nidegger pour proposer, dans le cadre de simples délits, d'autres mesures innovantes et inédites en Suisse.

Avec M. Nidegger, nous avons la chance de compter un homme intelligent et mesuré et nous travaillons sur un projet qui devrait boulverser quelques acquis en matière de délinquance juvénile.

Toutefois, pour garantir la sérénité de nos travaux, je ne suis pas à même de vous en dire plus pour le moment, mais sachez que cette problèmatique est en phase d'étude au sein de notre parti.

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 19/03/2009

@Mère. Rééduquer ces jeunes, c'est possible mais sur plusieurs générations. Les hommes des Balkans ont depuis des millénaires utilisé toute forme de violence, d'autorité et de machisme contre le femmes alors ce n'est pas parce qu'ils sont en Suisse que cet atavisme va s'évanouir comme par enchantement. Ces communautés vivent regroupées entre elles dans des quartiers et continuent de se comporter sans se soucier de leur nouvel environnement. La mixité sociale et ethnique devrait être mieux développée à Genève mais évidemment mettre une famille des Balkans dans un quartier plus bourgeois de Genève pose le problème du revenu tout comme l'idée des HLM pose le problème de regrouper des personnes à faible revenu dans un même immeuble est tout aussi problématique.

Écrit par : demain | 19/03/2009

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