30/05/2008

Naturalisation par les urnes... tous xénophobes!

Bonjour à toutes et à tous,

les votations approchent... et comme à chaque votation, j'irai déposer mon vote directement dans l'urne accompagné par l'une ou plusieurs de mes filles.

Une manière sans doute, de faire ce petit quelque chose par civisme, pour jouir de ce droit fondamental d'exprimer sa voix et transmettre cet idéal à mes enfants.

Même si, évidemment il faut se lever, se préparer, et aller au local de vote. Dommage, à ce titre, que l'on y serve pas un "apéro"... il est certain que nous serions beaucoup plus nombreux à aller voter :o)

Après avoir lu tout et son contraire sur les naturalisations par les urnes, je constate une chose : chaque fois qu'on parle d'éléction par les urnes, on pense que les Suisses voteraient obligatoirement contre toutes les naturalisations.

Sous entendez par là, nous sommes tous des gros xénophobes complètement fermés incapables de discernement.

Pas une voix ne fait état que les naturalisations par les urnes pourraient déclencher l'inverse, à savoir : qu'un ou plusieurs de nos compatriotes prennent la défense d'un candidat à la naturalisation...

Prenons un exemple simple, nous avons toutes et tous des voisins étrangers, pour ma part j'ai des voisins Kosovars, des gens admirables au demeurant... si ils présentaient une demande de naturalisation, je pourrais intervenir en leur faveur auprès de la commune, soutenir leur demande, parce que je les connais bien, eux ainsi que leurs enfants.

Trop souvent durant la campagne a été insinué que nous, Suisses, sommes des xénophobes incapables de reconnaître le droit de cité de nos amis étrangers qui travaillent dur pour s'intégrer, qui partagent nos valeurs, et qui veulent par leur démarche de naturalisation, transmettre à leurs enfants cette nationalité simplement parce qu'ils aiment notre pays.

Les opposants à cette initiative n'ont à aucun moment pris en compte cet aspect des naturalisations par les urnes : le peuple qui défendrait une naturalisation...

C'est tout simplement un manque de respect pour leurs concitoyens.

ABE, nous sommes donc tous des xénophobes,

Bien à toutes et à tous,

Stéphane

04/05/2008

Petit fils et fils d'immigré...

Bonjour à toutes et à tous,

il y a quelques temps, je commentais un billet sur la naturalisation... je m'y suis fait prendre à parti par un jeune ignorant qui s'est permis de juger mes propos m'accusant de xénophobie.

Ignorant étant un doux euphémisme pour qualifier l'imbécilité caractéristique de cet individu "enoeilleré".

En effet, si il avait pris le temps de lire, ne serait-ce que mon nom de famille, il aurait pu en déduire que lorsque vous portez un nom comme "Valente", vous n'êtes pas issu d'une famille tessinoise, mais bien le descendant d'une famille romaine millénaire dont l'origine remonte à avant J-C.

Donc, je suis bien un Suisse issu de l'immigration des années 60.

Les pires années de la tendance "Schwartzenbach", où les Italiens étaient égaux en droits avec les chiens et encore...

Ce que tous ici crient sur les toits, dans les rues, à tort et à travers : la xénophobie, la vraie, mon grand père, mon père et ses frères l'ont connue et vêcue durant leurs premières années dans ce qui allait devenir leur pays.

Mon père, venu ici pour travailler, ce qu'il a fait, à la force du travail... il s'est instruit et est devenu un nom dans le dessin de machines, au point qu'aujourd'hui, l'un de nos plus grands ouvrages : La Grande Dixence, porte en son sein l'un de ses dessins. Et je n'en suis pas peu fier :o)

Ensuite, il s'est naturalisé par choix politique faisant de moi un double national...

À l'age de l'adolescence, alors que ma "bâtardise" nationale demandait des réponses, partagé par ma double nationalité, je lui demandais si je devais être fier d'être Suisse ou Italien :

-"tu n'as pas à être fier d'un pays qui a été incapable de nous nourrir et de nous instruire... La Suisse nous a tout donné, nous lui sommes redevable"

Plus pragmatique et réaliste comme réponse... c'est difficile.

Les années sont passées, j'ai fait mon service et la vie a suivi son cours.

Vers l'age de 24 ans, travaillant en Italie, dans un domaine très particulier d'acitivités, l'un de mes confrères des opérations spéciales italiennes m'informe que je fais l'objet d'un mandat d'arrêt pour, tenez vous bien : désertion.

Eh oui, petit détail administratif, pour les Italiens j'étais encore italien... Le lendemain, j'arrive d'urgence à Genève pour résoudre le problème et retourner sur le théâtre d'opération. J'obtiens un rendez-vous avec le bureau de "la leva" et informe ces derniers que je ne peux plus accomplir mon service militaire car j'ai déjà prêté serment à mon drapeau.

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Ensuite, la gentille dame me dit que c'est en ordre... qu'ils vont faire suivre l'information à Pisa... sauf que, petite surprise... lassé par l'administration italienne aussi incompétente qu'inefficace et cette double nationalité aussi illégitime qu'inutile, je me suis permis l'impensable : demander qu'on annule ma nationalité italienne.

La pauvre, jamais durant sa carrière, elle n'avait entendu ça, au point que j'ai été emmené au bureau de Son Excellence le Consul qui m'a tenu toute une théorie... avant que je ne répète ma requête en lui demandant de me retirer ma nationalité italienne... car soyons logiques, ayant prêté serment à mon drapeau, puis-je légitimer être la moindre italien ?

Si demain, par un aléa improbable de l'Histoire, l'Italie décidait d'envahir la Suisse, il ne fait pas le moindre de doute que je serai parmis les premiers à défendre au péril de ma vie la terre où repose mon grand père, mon père, et où je souhaite reposer, ce pays qui nous a tout donné :

La Suisse

Oui, la naturalisation est un acte civique et un choix politique.

Et non un banal acte administratif.

Jamais je ne renierai mes origines italiennes, mais je n'ai qu'un pays et je suis citoyen du plus merveilleux pays du monde : La Suisse à qui je dois tout et à qui je confierai ma descendance en toute quiétude.

Ma vie d'adulte a été guidée par une phrase de John Fitzgerald Kennedy :

-"ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez vous ce que vous pouvez faire pour votre pays"

Et c'est bien cette question que tout(e) futur(e) citoyen(ne) devrait se poser chaque jour.

Bien à toutes et à tous,

Stéphane

 

 

PS. A qui de droit : pour information le xénophobe fils d'immigré italien, marié à une étrangère, est ingénieur systèmes certifié par Microsoft (MCSE +3 :o)  et Examinateur ECDL Advance :oP

12:56 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : naturalisation |  Facebook |